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Tchad : Six accords signés pour développer la zone industrielle de N’Djamena

Le gouvernement tchadien accélère son ambition d’industrialisation. Six accords ont été signés le 19 août 2026 à N’Djamena avec ARISE Integrated Industrial Platforms (ARISE IIP) et Laham Tchad SA pour encadrer le développement de la Zone industrielle de N’Djamena, baptisée ZINDJAM.

par refletsdafrique
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Foncier, infrastructures, préfinancement des équipements publics et approvisionnement électrique : les bases du futur pôle industriel sont désormais posées. Un projet industriel qui entre dans sa phase concrète
Après les annonces et les intentions, le projet de développement de la Zone industrielle de N’Djamena entre désormais dans une phase plus opérationnelle avec la signature de six accords entre les acteurs publics et privés impliqués. Après la signature des documents le 19 août 2026 dans la capitale tchadienne avec ARISE IIP et Laham Tchad SA, ces derniers doivent encadrer les différentes dimensions nécessaires à la réalisation et au fonctionnement de ZINDJAM.
L’objectif affiché est de créer un environnement industriel capable d’accueillir des activités de transformation et de renforcer la valeur ajoutée produite localement. Le projet doit notamment contribuer à la transformation de la filière bétail et viande, un secteur stratégique pour l’économie tchadienne.

Six accords pour sécuriser les fondations

Les six conventions couvrent plusieurs maillons essentiels du futur dispositif industriel.  Il s’agit notamment de la convention de développement de la Zone industrielle de N’Djaména, de l’accord-cadre relatif à sa conception, ainsi que de la convention de bail emphytéotique portant sur la zone. À cela s’ajoutent le cahier des charges de la Zone industrielle de N’Djaména, la convention de préfinancement des infrastructures publiques et le contrat de fourniture d’électricité entre Tchadelec et ARISE.
Cette architecture contractuelle montre que les autorités cherchent à traiter simultanément les principaux préalables à l’implantation d’activités industrielles : disponibilité du foncier, conception et aménagement de la zone, réalisation des infrastructures, financement initial des équipements publics et sécurisation de l’approvisionnement énergétique.
Une approche qui répond à l’un des principaux handicaps de l’industrialisation en Afrique : disposer d’espaces industriels ne suffit pas si les entreprises ne bénéficient pas d’infrastructures adaptées, d’une alimentation électrique fiable et d’un cadre foncier sécurisé.

Le pari de la transformation locale

Au-delà des infrastructures, l’enjeu de ZINDJAM est également celui de la transformation de l’économie tchadienne.
Le développement d’activités industrielles autour de la filière bétail et viande pourrait permettre au pays de mieux valoriser une ressource produite localement au lieu de se limiter à l’exportation de matières premières ou de produits faiblement transformés.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de création de valeur ajoutée, de développement des chaînes de production locales et, potentiellement, de création d’emplois industriels. Le projet est ainsi présenté comme un levier destiné à soutenir la transformation locale des ressources et à stimuler l’emploi.
Pour N’Djamena, le défi sera toutefois de faire de cette future zone industrielle autre chose qu’un simple espace d’implantation d’entreprises. Sa véritable performance se mesurera à sa capacité à attirer des investisseurs, à faire émerger des unités de transformation compétitives et à intégrer les producteurs locaux dans les chaînes de valeur.

L’électricité, un enjeu central

La signature d’un contrat spécifique de fourniture d’électricité entre Tchadelec et ARISE traduit l’importance de la question énergétique dans le dispositif.
Une zone industrielle ne peut fonctionner durablement sans une alimentation électrique suffisamment disponible et prévisible. Pour les investisseurs, la qualité et le coût de l’énergie constituent en effet des facteurs déterminants dans la compétitivité des unités de production.
Le fait que l’approvisionnement électrique fasse partie des accords signés montre donc que cette question est intégrée dès la conception du projet. Les modalités concrètes de cet approvisionnement seront néanmoins déterminantes pour la viabilité économique des futures installations.
Si les contours institutionnels et techniques du projet commencent à se préciser, une donnée majeure reste encore absente : le montant global des investissements mobilisés pour le développement de ZINDJAM n’a pas été communiqué dans les informations disponibles sur la signature des accords.
Cette absence de chiffrage ne permet pas encore d’évaluer précisément l’ampleur financière du projet, ni son impact attendu sur l’économie tchadienne.
Le préfinancement des infrastructures publiques constitue néanmoins l’un des éléments clés du montage. Il devra permettre de poser les bases matérielles indispensables à l’installation des entreprises.

Le défi sera désormais de passer des accords aux usines

Avec ces six accords, le Tchad franchit une étape importante dans la concrétisation de sa zone industrielle de N’Djamena. Mais la signature des conventions ne constitue que le début du processus.
Le véritable test sera désormais celui de l’exécution : mobilisation effective des financements, réalisation des infrastructures, disponibilité de l’électricité, installation des entreprises et développement d’activités industrielles réellement productives.
Pour le gouvernement tchadien, l’enjeu dépasse donc la création d’une nouvelle zone industrielle. Il s’agit de transformer progressivement la structure de l’économie en donnant davantage de place à la production et à la transformation locales.
ZINDJAM devra ainsi démontrer qu’une zone industrielle peut devenir un véritable moteur de création de valeur, d’emplois et de compétitivité, plutôt qu’un simple projet d’infrastructures.

Manuella TCHOUJO

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