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Santé visuelle au Cameroun : les opticiens sonnent l’alerte sur les normes

À Douala, le 3ᵉ Congrès de l’Optique médicale veut remettre la qualité, la réglementation et la protection du patient au centre du jeu. Une paire de lunettes peut-elle être un simple accessoire ? Pas pour les professionnels de la santé visuelle. Derrière une monture, des verres et quelques chiffres inscrits sur une ordonnance se cachent des exigences techniques qui peuvent faire toute la différence entre une correction efficace et une prise en charge inadaptée.

par refletsdafrique
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C’est tout l’enjeu du 3ᵉ Congrès de l’Optique médicale, organisé à Douala les 19 et 20 août 2026, sous le parrainage du ministre de la Santé publique et sous la houlette de l’Ordre national des opticiens du Cameroun. Autour du thème « Normes, qualité et entrepreneuriat », les professionnels veulent faire de cette rencontre bien plus qu’un rendez-vous corporatiste : un véritable plaidoyer pour une meilleure santé visuelle au Cameroun.

La norme, première protection du patient

Dans un marché où les produits optiques sont de plus en plus accessibles, la question de leur conformité devient centrale. Pour Solange Venerande Douanla, présidente de l’Ordre national des opticiens du Cameroun, le principal défi porte précisément sur la qualité des produits et des pratiques.

« La qualité des produits optiques est une question de santé publique. » L’ambition du congrès est donc de favoriser une meilleure maîtrise des normes, aussi bien dans les produits utilisés que dans les pratiques professionnelles. Car lorsqu’il s’agit des yeux, l’à-peu-près peut coûter cher.

Lunettes de rue : le marché de tous les risques ?

Sur les marchés et dans certains circuits informels, des lunettes sont parfois proposées sans véritable évaluation préalable des besoins du porteur.

Une situation qui préoccupe les professionnels.

Judith Tchouaffé Kamogne, opticienne-manager, met notamment en garde contre les lunettes qui ne tiennent pas compte des paramètres propres à chaque patient. Le problème peut se situer dans le centrage des verres, leur adaptation à la correction prescrite ou encore dans la qualité du produit. Résultat possible : fatigue visuelle, picotements, larmoiements, rougeurs ou inconfort.

Le message des professionnels est donc sans détour 

«« Une paire de lunettes n’est pas un accessoire de mode : c’est un dispositif destiné à corriger la vision. »» Pour les opticiens, le consommateur doit pouvoir bénéficier de conseils professionnels et d’un équipement adapté à sa situation. Le spectre de la pratique illégale Autre préoccupation soulevée par les professionnels : la pratique illégale de l’optique.

Pour Hubert Fouedap, opticien, la confusion entre les différents métiers intervenant dans la santé visuelle peut désorienter les patients. «« L’urgence est de combattre la pratique illégale et de permettre aux populations d’identifier clairement les professionnels auxquels elles s’adressent. »»

Cette clarification apparaît d’autant plus importante que la santé visuelle mobilise plusieurs compétences : opticiens, ophtalmologistes et autres professionnels spécialisés dans l’évaluation de la vision. Pour les acteurs du secteur, mieux informer le public constitue donc déjà une forme de prévention.

Quand la santé rencontre l’entrepreneuriat

Le congrès ne se limite toutefois pas aux normes et à la qualité. Son troisième pilier, l’entrepreneuriat, traduit la volonté de structurer une véritable filière économique autour de la santé visuelle.

Les professionnels doivent désormais relever un double défi : développer leurs activités tout en maintenant un haut niveau d’exigence professionnelle. Autrement dit, faire du chiffre sans sacrifier la qualité. Tables rondes, conférences et exposés ont ainsi permis aux participants de réfléchir à l’avenir de la profession, aux bonnes pratiques et aux moyens de mieux répondre aux besoins des populations. Des professionnels récompensés Le congrès a également été l’occasion de rendre hommage à ceux qui ont consacré une partie importante de leur carrière à la santé oculaire. Des médailles d’honneur du travail ont été remises à plusieurs professionnels, récompensant leur engagement et leur ancienneté. Un moment symbolique qui rappelle que derrière les cabinets, les lunettes et les équipements se trouvent aussi des hommes et des femmes qui ont fait de la santé visuelle leur métier et leur vocation.

Le véritable enjeu : protéger la vision des Camerounais

Au-delà des débats professionnels, le message du congrès s’adresse finalement à tous. Écoliers, étudiants, travailleurs, conducteurs, commerçants ou personnes âgées : la santé visuelle traverse toutes les catégories sociales. Et face à la multiplication des offres, une question demeure : comment permettre au patient de choisir correctement sans mettre sa vision en danger ?

La réponse des professionnels tient en trois mots : normes, qualité et compétence

Parce qu’une mauvaise paire de lunettes peut provoquer un inconfort. Mais une mauvaise prise en charge de la santé visuelle peut avoir des conséquences autrement plus sérieuses. À Douala, les opticiens veulent donc changer les regards sur leur profession. Et leur message est simple :

« Pour voir mieux, il ne suffit pas de mieux regarder. Il faut aussi être correctement pris en charge. » La santé visuelle n’est pas un luxe. C’est une question de santé publique.

Luc BIGA

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