Le Burkina Faso veut identifier et accompagner ses futures talents scientifiques. La première édition de Hakili Mousso, concours national de détection des talents scientifiques féminins, a été officiellement lancée en septembre 2026 à Ouagadougou. À l’initiative du président du Faso, Ibrahim Traoré, la compétition cible les jeunes femmes issues des séries scientifiques.
Pour cette première édition, 84 candidates, toutes titulaires du baccalauréat scientifique de la session 2026, ont été sélectionnées à l’échelle nationale. Après une semaine d’immersion et de préparation en internat au Lycée scientifique national de Ouagadougou, elles ont affronté les épreuves écrites dans trois domaines : les mathématiques, la physique et la chimie.
Déconstruire les préjugés
L’objectif affiché par les autorités est de susciter davantage de vocations scientifiques chez les filles et de favoriser leur présence dans des disciplines souvent perçues comme masculines.
Lors de la cérémonie de distinction des lauréates, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso, a notamment défendu l’idée que les filles ont toute leur place dans les disciplines scientifiques. Le gouvernement présente Hakili Mousso comme un outil destiné à déconstruire les préjugés qui peuvent freiner l’orientation des jeunes femmes vers les mathématiques, la physique et la chimie.
L’initiative ne se limite pas aux épreuves académiques. Les candidates ont notamment bénéficié d’une immersion dans le secteur technologique. Le 18 septembre, elles ont visité le data center de Telecel, où elles ont découvert les différents services techniques et échangé avec des femmes occupant des postes d’encadrement dans l’entreprise.

Des récompenses pour les lauréates et leurs enseignants
La première édition s’est achevée le 19 septembre 2026 par la distinction des meilleures candidates. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les cinq premières de chaque discipline ont reçu des récompenses comprenant des sommes d’argent allant de 500 000 à 2 millions de FCFA, mais aussi des motos, des ordinateurs, des bourses et des bons de carburant.
Le dispositif prévoit également des avantages sociaux, notamment la restauration, le logement en cité universitaire et le transport. Les enseignants référents des trois premières lauréates ont eux aussi été récompensés : chacun a reçu une villa et une moto.
Le 21 septembre, les lauréates ont par ailleurs été reçues par le président du Faso à Koulouba. Cette rencontre a été présentée comme une « rentrée » destinée à prolonger leur immersion dans l’univers scientifique et à les sensibiliser à l’importance des sciences dans le développement du pays.

Une autre manière de mettre en lumière les jeunes femmes
La suspension des concours de beauté et le lancement de Hakili Mousso sont deux décisions distinctes, prises par les autorités dans des contextes différents. La première relève d’une réforme réglementaire du secteur culturel ; la seconde constitue une initiative éducative et scientifique.
Elles interviennent néanmoins dans une même année et donnent à voir deux formes différentes de mise en valeur des jeunes femmes. Avec Hakili Mousso, les autorités burkinabè cherchent explicitement à identifier des compétences scientifiques, à encourager les vocations et à créer des modèles féminins dans les sciences et les technologies.
Pour cette première édition, 84 jeunes bachelières ont ainsi été placées au centre d’une compétition dont l’ambition affichée dépasse la seule remise de prix : faire émerger une nouvelle génération de femmes dans les domaines scientifiques et technologiques.