200 milliards de FCFA de plus en un an. Le chiffre a été dévoilé le 31 août 2026 à Yaoundé, lors de la deuxième session du Comité de pilotage du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord (PSRDREN), présidée par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey.
En l’espace d’un an, les ressources mobilisées ont progressé d’environ 200 milliards de FCFA, passant de plus de 600 milliards à près de 800 milliards de FCFA. Cette enveloppe représente toutefois moins de la moitié du financement global prévu pour le Plan présidentiel, évalué à 1 822 milliards de FCFA. L’enjeu n’est donc plus uniquement de rechercher des financements. Il est désormais question d’accélérer leur mise en œuvre. Le Comité de pilotage a ainsi examiné le bilan des activités réalisées en 2025 et adopté le Plan de travail et budget annuel (PTBA) pour 2026, avec l’ambition de lever les contraintes qui ralentissent l’exécution des projets.

Des routes aux services sociaux
Sur le terrain, les investissements couvrent plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour la reconstruction et le développement de la région.
En 2025, le PSRDREN a notamment engagé la construction de 20 mini-adductions d’eau, cinq centres de santé intégrés et sept écoles primaires à kit complet, tandis que 10 000 tables-bancs ont été distribuées aux établissements scolaires. Des intrants et du petit matériel agricole ont également été mis à la disposition des coopératives et organisations de producteurs.
Le réseau routier constitue également un autre volet majeur. Les interventions concernent notamment les axes Mora-Waza-Dabanga-Kousseri, Magada-Kaélé-Guidiguis, Moutourwa-Maroua et Maroua-Bogo-Guirvidig-Pouss. À Maroua, les travaux de voirie urbaine participent également à la transformation du cadre de vie.
À ces opérations s’ajoutent plusieurs projets structurants. Le PACRI-MDK, consacré notamment à l’amélioration de la connectivité et de la résilience sur le corridor Mora-Dabanga-Kousseri, représente à lui seul un investissement de 236 milliards de FCFA. Le Programme d’accélération de la transformation (PAT) mobilise pour sa part 157 milliards de FCFA.
Le défi de l’exécution
Si la progression des financements constitue un indicateur important, elle ne suffit cependant pas à mesurer l’impact réel du programme. Les chiffres présentés lors du Comité de pilotage montrent d’ailleurs que la question de l’exécution reste centrale. Pour l’exercice 2025, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 63,8 %, tandis que le taux de contractualisation des marchés a atteint 88 %. Autrement dit, une partie des ressources annoncées doit encore être transformée en chantiers achevés, en équipements fonctionnels et en activités économiques durables.
C’est précisément l’objectif affiché pour 2026 : accélérer l’exécution des projets et faire en sorte que les financements mobilisés produisent des effets visibles dans les six départements de la région.
Au-delà des infrastructures, il faut relancer l’économie. La reconstruction de l’Extrême-Nord ne se limite pas à rebâtir les infrastructures endommagées. Elle vise également à renforcer les capacités productives et l’insertion socio-économique des populations. Plusieurs programmes ciblent ainsi l’agriculture, l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat. Le CAP2E, consacré au renforcement des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat, dispose notamment d’une enveloppe de 89,2 milliards de FCFA. Le PDI-CVA mobilise 26,61 milliards de FCFA, tandis que le PDAS-1 représente environ 53 milliards de FCFA.
Cette orientation traduit une volonté de faire de la reconstruction un levier de développement économique. Car la durabilité du programme dépendra aussi de sa capacité à créer des revenus, soutenir les producteurs et améliorer l’accès des populations aux services essentiels.

1 022 milliards de FCFA encore à mobiliser
Avec près de 800 milliards de FCFA mobilisés sur une enveloppe de 1 822 milliards, le chemin reste encore long. Environ 1 022 milliards de FCFA restent à mobiliser pour atteindre le montant global annoncé du Plan.
Mais le principal enjeu de la nouvelle phase n’est peut-être plus seulement financier. Il est désormais opérationnel : achever les projets engagés, accélérer ceux qui accusent du retard et démontrer, sur le terrain, que les sommes mobilisées améliorent effectivement les conditions de vie.
Le gouvernement veut faire de 2026 une année d’« accélération ». Pour les populations de l’Extrême-Nord, cette accélération devra surtout se mesurer aux kilomètres de routes praticables, aux écoles fonctionnelles, aux centres de santé opérationnels, à l’accès à l’eau et à la capacité des activités économiques à générer des revenus.
Car près de 800 milliards de FCFA mobilisés constituent une étape. La véritable réussite du Plan se jouera sur ce que ces milliards permettront de construire, de produire et de changer durablement dans la vie des populations.