Sur l’axe Ebolowa-Akom II-Kribi, l’activité s’intensifie. Au 14 septembre, l’entreprise ICM poursuit son déploiement à travers plusieurs fronts : maintien de la circulation, traitement de points critiques, études d’exécution, études géotechniques, sondages hydrauliques, production de panneaux de signalisation et construction de la base-vie.
Le chantier n’est donc pas encore dans sa phase la plus visible, celle des grands terrassements et de la construction de la chaussée. Mais plusieurs opérations indispensables à cette étape sont déjà engagées. Cette progression n’est pas nouvelle. Dès le 23 juin 2026, les premiers engins d’ICM avaient été déployés sur le tronçon Akom II-Ebolowa pour des travaux de nettoyage et de maintien de la circulation. Le premier dispositif comprenait notamment deux niveleuses, deux compacteurs, un bulldozer D7, une pelle excavatrice, un chargeur à pneus, trois camions-bennes et un camion à gasoil.
Depuis, le dispositif doit progressivement s’étoffer afin d’intervenir sur plusieurs ateliers le long de l’itinéraire.
Le pont du PK 9+600 déjà dans le viseur
Dans l’attente du démarrage des travaux lourds, la priorité reste notamment de préserver la circulation sur l’axe.
ICM a ainsi entrepris la réfection de certains ouvrages, dont le pont situé au PK 9+600 sur la rivière Mvila. Cette intervention vise à traiter un point identifié comme critique et à assurer la continuité du trafic pendant la poursuite du processus de préparation du chantier. En parallèle, les sondages et études hydrauliques se poursuivent. Ces investigations doivent permettre de mieux déterminer les caractéristiques du terrain et les solutions techniques à retenir pour les ouvrages concernés. Cette phase préparatoire est particulièrement importante pour un projet routier de cette ampleur. Elle permet de sécuriser les choix techniques avant le passage aux opérations de terrassement et de construction de la chaussée.
Les terrassements attendent encore
Le principal constat au 14 septembre 2026 reste toutefois clair : les terrassements n’ont pas encore commencé.
L’entreprise concentre pour l’instant ses efforts sur les études d’exécution, la préparation des emprises, les investigations géotechniques, les équipements de chantier et les interventions nécessaires au maintien de la circulation.
La libération des emprises constitue notamment une étape préalable importante. Elle doit permettre de dégager les espaces nécessaires à l’exécution du projet. Autrement dit, le chantier est actuellement dans une phase de préparation active. L’enjeu consiste à transformer progressivement cette mobilisation technique en travaux routiers à proprement parler.
Près de 169 milliards de FCFA pour changer l’axe
Derrière ces opérations de terrain se trouve un projet financier d’envergure. Le coût global annoncé pour la réalisation de la route est évalué à près de 169 milliards de FCFA. Le montage financier repose notamment sur un prêt garanti de 131,4 milliards de FCFA.
Cette enveloppe donne la mesure de l’investissement attendu pour transformer cet axe.
Le financement a franchi une étape majeure en 2026 avec la conclusion de l’accord destiné à permettre la réalisation du projet. Des sources publiques ont également fait état d’un financement de l’ordre de 198,3 millions d’euros, soit environ 130 milliards de FCFA, pour le bitumage de l’itinéraire. Cette mobilisation financière constitue un tournant après plusieurs années d’attente autour du projet. Mais disposer d’un accord de financement ne signifie pas nécessairement que l’ensemble des ressources est immédiatement disponible pour chaque étape du chantier. C’est précisément l’un des enjeux actuels.

La deuxième tranche, clé du passage à la vitesse supérieure
Selon les informations disponibles au 14 septembre, ICM attend encore la mise en vigueur de la deuxième tranche des ressources de la convention de financement. Cette étape doit notamment permettre le paiement des indemnisations ainsi que des avances de démarrage. Dans l’intervalle, l’entreprise a mis en place une trésorerie d’appoint afin de financer certaines interventions en cours.
Ce choix permet de maintenir une activité sur le terrain malgré l’attente liée à cette nouvelle étape financière. Il explique aussi pourquoi le chantier peut afficher des signes de progression alors que les terrassements ne sont pas encore engagés.
L’équation est donc relativement claire : les études et les travaux préparatoires avancent, mais le passage à une phase plus lourde reste étroitement lié à la disponibilité effective des ressources prévues.
Une liaison stratégique entre Ebolowa et Kribi. Au-delà de la seule construction d’une route, l’enjeu est économique. L’axe doit renforcer la liaison entre Ebolowa, capitale régionale du Sud, Akom II et Kribi, principal pôle portuaire de la région.
La connexion avec Kribi présente notamment un intérêt pour les échanges et la circulation des marchandises. Akom II occupe par ailleurs une position sur l’axe reliant Ebolowa à Kribi, ce qui confère au projet une dimension qui dépasse le simple désenclavement local. La réalisation de cette infrastructure doit donc être appréciée à la fois sous l’angle de la mobilité des populations et sous celui de l’intégration économique du territoire. Pour les opérateurs économiques, l’amélioration de la liaison routière peut contribuer à faciliter les déplacements et les échanges entre l’arrière-pays du Sud et le pôle portuaire de Kribi.
Un chantier à surveiller sur deux fronts
Au 14 septembre, deux indicateurs méritent particulièrement d’être suivis. Le premier concerne la progression technique : études d’exécution, géotechnique, hydraulique, préparation des emprises, installations de chantier et interventions sur les ouvrages existants.
Le second est financier : la mise en vigueur de la deuxième tranche des ressources et les opérations qui en découlent, notamment les indemnisations et les avances de démarrage.
La capacité d’ICM à maintenir ses interventions grâce à sa trésorerie d’appoint permet certes de conserver une dynamique. Mais cette solution ne saurait se substituer durablement au financement prévu pour l’exécution complète du projet.
De la préparation au chantier lourd : le prochain test. Le projet Ebolowa-Akom II-Kribi est donc désormais engagé dans une phase où les signes de mobilisation se multiplient. Les premiers engins ont été déployés depuis juin, les études se poursuivent et certains ouvrages font déjà l’objet d’interventions.
Pour autant, le véritable changement de rythme reste encore à venir. Le démarrage des terrassements constituera le prochain indicateur majeur de l’avancement physique du projet. Sa concrétisation dépendra notamment de l’aboutissement des opérations préparatoires, de la libération des emprises et de la mise à disposition des ressources financières attendues.
Avec un investissement évalué à près de 169 milliards de FCFA, l’enjeu dépasse donc largement la simple ouverture d’un nouveau chantier. Il s’agit désormais de transformer un financement enfin sécurisé en infrastructure effectivement livrée.
Pour l’heure, ICM prépare le terrain. La prochaine étape sera de faire passer la route Ebolowa-Akom II-Kribi des études et interventions préliminaires aux terrassements et aux travaux structurants.