Accueil A LA UNEValorisation des déchets à Nkongsamba 1er : Des ordures à l’or dur

Valorisation des déchets à Nkongsamba 1er : Des ordures à l’or dur

Les études de faisabilité du projet industriel de Nkongsamba 1er ont été officiellement validées le 9 septembre 2026. D’un coût annoncé de 6,5 milliards de FCFA, la future infrastructure, soutenue par la coopération autrichienne, ambitionne de transformer le problème des déchets en opportunité économique, environnementale et sociale.

par refletsdafrique
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Le mercredi 9 septembre 2026 pourrait bien constituer une date charnière dans l’histoire récente de Nkongsamba. Dans le premier arrondissement de la ville, les différentes parties prenantes ont procédé à la présentation et à la validation des études de faisabilité du futur Centre de traitement et de valorisation des déchets de Nkongsamba 1er.

La cérémonie, présidée par le préfet du Moungo, Yves Bertrand Noël Ndjana, s’est tenue en présence notamment du maire de Nkongsamba 1er, El Hadj Oumarou, ainsi que des partenaires autrichiens associés au projet. Cette validation marque l’aboutissement de la phase d’études et ouvre la voie à la prochaine étape : la mise en œuvre effective du projet.

De l’ordure à la ressource

Le projet repose sur une idée désormais au cœur des politiques modernes de gestion urbaine : le déchet n’est plus seulement ce qu’il faut évacuer, mais peut également devenir une matière première.

À Nkongsamba 1er, cette philosophie devrait se traduire par la mise en place d’une véritable filière industrielle de traitement et de valorisation. La future unité devrait notamment permettre de transformer une partie des déchets en compost et autres produits valorisables, tout en favorisant le développement d’une économie circulaire sur le territoire.

Pour El Hadj Oumarou, Maire de Nkongsamba 1er et le promoteur de ce megaprojet, l’enjeu dépasse donc largement la simple question de la salubrité publique. Il s’agit de faire de la gestion des déchets un secteur productif susceptible de générer des emplois, de nouvelles activités économiques et des recettes pour la collectivité.

Le préfet du Moungo, Yves Bertrand Noël Ndjana,  a ainsi mis en avant les perspectives liées à la production de compost, à la création d’emplois et au développement d’un système d’économie circulaire autour de la future installation.

Un investissement de 6,5 milliards de Fcfa

Le coût annoncé du projet est estimé à 6,5 milliards de Fcfa. Le financement doit s’appuyer sur la coopération autrichienne, dans le cadre du partenariat noué autour de ce projet. Cette dimension financière confère au futur centre une portée particulière. Car derrière le traitement des ordures se profile une infrastructure industrielle dont les retombées pourraient concerner plusieurs secteurs : environnement, agriculture, emploi, industrie et développement local.

Les études de faisabilité avaient notamment pour objectif d’examiner les aspects techniques, économiques et financiers du projet, ainsi que le choix du site, les options technologiques et les conditions de mise en œuvre.

Le site envisagé se trouve à Ngalmoa, dans la commune de Nkongsamba 1er. La municipalité aurait mis à disposition une importante assiette foncière destinée à accueillir l’infrastructure et ses installations connexes.

L’une des particularités de cette initiative réside dans son ambition territoriale.

Au-delà de Nkongsamba 1er, le projet est présenté comme pouvant bénéficier à l’ensemble du département du Moungo. Cette approche est particulièrement intéressante dans un département marqué par une forte activité agricole, commerciale et urbaine.

La valorisation des déchets agricoles pourrait notamment créer des passerelles avec le monde rural. Les résidus organiques issus de l’activité agricole, lorsqu’ils sont correctement collectés et traités, peuvent devenir des intrants utiles à l’agriculture.Le projet pourrait ainsi contribuer à établir un lien entre ville propre, économie circulaire et agriculture durable.

L’emploi au cœur des attentes

À Nkongsamba, les populations attendent surtout des effets concrets. La construction et l’exploitation d’une infrastructure de cette nature devraient nécessiter une main-d’œuvre importante, aussi bien pendant la phase des travaux qu’au cours de l’exploitation.

Les emplois directs ne constitueraient toutefois qu’une partie des retombées attendues. Autour de la future centrale pourraient également se développer des activités liées à la collecte, au transport, au tri, à la maintenance, au recyclage et à la commercialisation des produits issus de la valorisation. C’est toute une chaîne économique qui pourrait ainsi se mettre en place.

Mais la validation des études de faisabilité ne constitue pas l’aboutissement du projet. Elle en marque plutôt le véritable commencement. Le défi sera désormais de passer de l’étude au chantier, puis du chantier à une exploitation efficace et durable.

Une telle infrastructure devra en effet répondre à plusieurs exigences : régularité de l’approvisionnement en déchets, maîtrise des coûts d’exploitation, maintenance des équipements, respect des normes environnementales, transparence dans la gestion et surtout capacité à trouver des débouchés pour les produits issus de la valorisation. La réussite du projet dépendra donc autant de la technologie que de l’organisation de toute la chaîne de gestion des déchets.

Nkongsamba face à un nouveau modèle urbain

La validation du 9 septembre dernier intervient dans un contexte où Nkongsamba 1er cherche à consolider son image de commune engagée dans l’amélioration du cadre de vie et la salubrité.

La commune avait déjà été distinguée dans le cadre du Concours Villes Propres, signe que la question de l’environnement occupe une place importante dans sa stratégie locale.

Le futur centre pourrait ainsi donner une dimension industrielle à cette politique municipale. L’enjeu n’est plus simplement de débarrasser les rues des ordures. Il consiste désormais à créer un système dans lequel le déchet collecté devient une ressource, où la propreté urbaine peut soutenir l’activité économique et où la protection de l’environnement peut devenir un facteur de développement.

Une étape décisive, mais pas encore le bout du chemin

Avec la validation des études de faisabilité, Nkongsamba franchit donc une étape majeure vers la concrétisation de son Centre de traitement et de valorisation des déchets.

Le projet porte une promesse forte : faire de l’insalubrité une source de valeur.

Reste désormais à transformer cette promesse en réalité. Les populations attendent les prochaines étapes avec intérêt : mobilisation effective des financements, lancement des travaux, construction de l’installation, recrutement de la main-d’œuvre locale et, à terme, démarrage de la production.

Si ces différentes étapes sont franchies avec succès, Nkongsamba pourrait disposer d’un nouvel outil industriel susceptible de modifier durablement son rapport aux déchets.

De l’ordure à la ressource, de la contrainte environnementale à l’opportunité économique : c’est toute cette équation que la ville devra désormais résoudre.

 

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