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Cameroun – Le PEC passe à l’offensive à douala et met l’écologie au cœur de la bataille

À l’approche des prochaines législatives et municipales, le Parti Écologique du Cameroun veut transformer les préoccupations environnementales en véritable projet politique. À Douala, le parti multiplie les contacts, consolide ses structures et descend au cœur des communautés.

par refletsdafrique
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À Douala, le Parti Écologique du Cameroun (PEC) veut changer de dimension. Créé en 2023 autour d’un positionnement centré sur les enjeux environnementaux, le parti entend désormais faire de l’écologie un levier de mobilisation politique, à l’approche des prochaines élections législatives et municipales.Pour les « Verts », le terrain électoral ne se résume pas aux meetings et aux slogans. Il se trouve aussi dans les rues encombrées de déchets, les quartiers confrontés aux inondations, les espaces naturels menacés et les populations qui réclament un meilleur cadre de vie.

De la préfecture aux quartiers : le PEC occupe le terrain

Le 21 août 2026, le président national du PEC, Eric NGUEGUIM a multiplié les rencontres dans la capitale économique. Première séquence : une visite de courtoisie à la préfecture du Wouri, à huis clos. Une étape institutionnelle avant une rencontre plus politique avec la coordination régionale du parti.

Autour du délégué-coordonnateur régional, George Dzomo, responsables et militants ont échangé sur les perspectives d’implantation du PEC dans le Littoral.

L’enjeu est désormais de transformer une présence politique encore récente en force électorale structurée, capable de présenter des candidats et de défendre ses idées dans les collectivités territoriales comme au Parlement.

L’écologie, une affaire de pouvoir local ?

Créer en 2022, le PEC veut surtout démontrer que l’écologie n’est pas une préoccupation réservée aux conférences internationales ou aux spécialistes de l’environnement. À Douala, la question est quotidienne : ordures ménagères, pollution, eaux stagnantes, occupation des espaces, dégradation du cadre de vie, pression démographique et gestion des déchets. Autant de problèmes qui relèvent directement de la gouvernance locale et qui pourraient donc devenir des arguments électoraux. Le pari du parti est simple : faire de l’environnement un sujet de proximité et du cadre de vie un enjeu politique.

Bonamouang : quand politique, tradition et écologie se rencontrent

C’est dans cette logique que la délégation s’est rendue à Bonamouang, dans le canton Akwa, pour une rencontre avec l’autorité traditionnelle. Ici, l’écologie rencontre l’histoire et le patrimoine. Le territoire, marqué notamment par ses espaces insulaires et naturels, constitue un laboratoire grandeur nature des défis auxquels sont confrontées de nombreuses communautés urbaines et périurbaines. Pour le PEC, préserver l’environnement revient aussi à préserver la mémoire, les territoires et les identités locales.

Cette étape auprès de la chefferie traditionnelle traduit donc une volonté de construire des passerelles entre le politique et le communautaire.

2026 : une échéance qui se prépare déjà

Le contexte électoral donne une dimension particulière à cette offensive. Le mandat des conseillers municipaux élus en février 2020 a été prorogé par le décret n°2026/166 du 4 mai 2026.  Cette prorogation permet aux formations politiques de disposer d’une période supplémentaire pour structurer leurs stratégies et préparer les prochaines consultations.

Sur le terrain, la préparation électorale passe également par l’inscription des citoyens. ELECAM indique que la révision des listes électorales 2026 s’achève le 31 août, avec des opérations d’inscription, de modification, de radiation et de transfert.  Pour les partis, le compte à rebours est donc bel et bien engagé. Le véritable défi : convertir les idées en suffrages.

Mais entre convaincre sur les réseaux sociaux, mobiliser sur le terrain et obtenir des voix dans les urnes, le chemin reste long. Le PEC devra surtout démontrer que son projet écologique peut répondre aux préoccupations immédiates des Camerounais : emploi des jeunes, assainissement, énergie, santé, urbanisation, mobilité et développement local.

C’est là que se jouera son véritable test politique

Car l’écologie peut séduire dans les discours. Elle devra désormais convaincre dans les quartiers et se mesurer dans les urnes. À Douala, le PEC veut donc faire passer un message : la bataille électorale peut aussi se gagner autour d’une poubelle, d’un espace vert, d’un quartier inondé ou d’un projet de valorisation des déchets. Pour les « Verts », protéger l’environnement n’est plus seulement une cause : c’est désormais un projet de société… et une ambition politique.

Luc BIGA

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