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Sanaga-Maritime: Le Rdpc à l’assaut des prochaines élections

De la consolidation des bastions à la reconquête de Massock-Songloulou, Ngallè Bibehe met ses troupes en ordre de bataille .

par refletsdafrique
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Dans la Sanaga-Maritime, le prochain scrutin se prépare déjà sur le terrain. Le RDPC, qui domine largement la carte municipale du département, veut transformer son avantage historique en victoire électorale. À la manœuvre : Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe, chef de la Délégation permanente départementale du Comité central du parti. Depuis le 9 août, le ministre des Transports multiplie les concertations dans les onze sections. Objectif : resserrer les rangs, mobiliser la base et reconquérir le seul bastion municipal perdu en 2020.

La Maison du parti d’Édéa a donné le ton. Réunis autour de leur chef départemental, responsables de sections, élus, militants et élites ont passé au crible les orientations issues du séminaire stratégique du Comité central du 22 juillet 2026. Pour mieux décoder ces directives, le Pr Pierre Célestin Ndebiyembe, conseiller du Secrétaire général du Comité central, a été dépêché auprès des responsables locaux.

Le message est sans ambiguïté : renforcer la majorité du RDPC à l’Assemblée nationale, consolider son contrôle des communes et reprendre Massock-Songloulou.

Dix communes sur onze : le poids d’un bastion

Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir aux dernières municipales. Lors du scrutin du 9 février 2020, le RDPC avait remporté 10 des 11 communes de la Sanaga-Maritime, selon les données publiées par le parti.

Dibamba, Dizangué, Édéa 1er, Édéa 2e, Mouanko, Ndom, Ngambè, Ngwei, Nyanon et Pouma sont restées dans le giron du parti au pouvoir. Une seule commune avait résisté : Massock-Songloulou, passée au PCRN. Des sources de presse rapportaient alors une victoire du PCRN avec environ 53 % contre 47 % pour le RDPC.

Cinq ans plus tard, cette exception est devenue un symbole. La reconquête de Massock-Songloulou figure désormais explicitement parmi les priorités affichées par la direction départementale.

Mais l’enjeu dépasse le seul fauteuil de maire. La Sanaga-Maritime constitue également un réservoir important de grands électeurs pour les scrutins régionaux. En décembre 2020, les 15 sièges de délégués départementaux réservés à la Sanaga-Maritime avaient été remportés par le RDPC.  La carte électorale du département reste donc largement favorable au parti de Paul Biya. Mais cette domination ne dispense pas de vigilance.

Ngallè Bibehe : mobilisation générale

Depuis Édéa, le chef de la délégation permanente départementale veut manifestement éviter tout relâchement. Après la réunion inaugurale du 9 août, la tournée s’est poursuivie à travers les différentes zones politiques du département : Dizangué, Dibamba, Ngambè, Massock-Songloulou et Mouanko notamment.

À chaque étape, le même leitmotiv : organisation, discipline, proximité et maîtrise du terrain.

À Ngambè comme à Massock-Songloulou, les responsables locaux ont été appelés à mieux connaître leur cartographie électorale, à renforcer la mobilisation des jeunes et des femmes, à préparer les mandataires et à améliorer la communication autour des réalisations des élus.

À Mouanko, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe a également insisté sur la mise à jour du « sommier politique » et sur la nécessité d’intensifier les inscriptions sur les listes électorales.

Une formule résume cette nouvelle stratégie : « Faites savoir ce que vous faites ! » Car le parti entend désormais transformer les réalisations revendiquées par ses élus et ses élites en arguments électoraux. Routes, infrastructures, projets publics, développement local : autant d’éléments que la machine politique du RDPC veut davantage valoriser auprès des populations.

Le mandat municipal joue les prolongations

Cette préparation intervient dans un contexte institutionnel particulier. Les conseillers municipaux élus en février 2020 devaient initialement arriver au terme de leur mandat en 2025. Une première prorogation avait repoussé cette échéance au 31 mai 2026.

Nouveau prolongement : le décret présidentiel n°2026/166 du 4 mai 2026 proroge leur mandat du 1er juin 2026 au 28 février 2027, sauf organisation des élections municipales avant cette date.

Cette fenêtre supplémentaire donne donc aux formations politiques du temps pour affûter leurs stratégies. Dans la Sanaga-Maritime, le RDPC semble avoir choisi de ne pas attendre la convocation officielle du corps électoral pour se mettre en ordre de marche.

Une victoire à sécuriser, une reconquête à réussir

La tournée de Ngallè Bibehe ne se limite cependant pas à la mobilisation. Elle cherche aussi à prévenir les divisions internes, les rivalités et les comportements susceptibles d’affaiblir le parti dans les urnes.

À Massock-Songloulou comme à Mouanko, les responsables ont ainsi signé un Code de bonne conduite électorale et d’apaisement.

Un signal politique important dans un département où la bataille électorale pourrait se jouer autant sur la mobilisation que sur la capacité des formations à présenter des candidats capables de fédérer au-delà de leurs cercles militants.

Car derrière les chiffres de 2020 se cache une réalité : une victoire électorale n’est jamais définitivement acquise.

Le RDPC dispose aujourd’hui d’un avantage considérable en Sanaga-Maritime. Il contrôle dix communes sur onze et avait remporté l’ensemble des sièges de délégués départementaux lors des régionales de 2020. Mais Massock-Songloulou rappelle qu’un bastion peut basculer.

Le message de la tournée départementale est donc clair : conserver les acquis, corriger les faiblesses et reconquérir le terrain perdu.

À l’approche des prochaines législatives et municipales, la Sanaga-Maritime pourrait ainsi devenir l’un des laboratoires de la stratégie électorale du parti au pouvoir.

 

Par Luc BIGA

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